27/06/2007

"La voix des belges" revient à Saint Gilles

Chère voix des Belges,

Te voilà enfin revenue sur les lieux mêmes qui firent ta fameuse renommée.  Non seulement tu étais connue dans tout le pays, mais aussi à Londres où tu atterrissais sur la table du cabinet de Monsieur Winston Churchill qui t'appréciait beaucoup.  Non seulement tu informais tes lecteurs sur ce qui se passait en Belgique occupée, mais dès 1943 tu abordais déjà les grands problèmes de politique qui nous attendaient après la libération complète du territoire.

Des années étaient déjà passées depuis ta naissance,  

tu avais grandi en importance, tu avais aussi déjà perdu beaucoup d'amis, les uns arrêtés, beaucoup d'autres fusillés ou morts dans les camps de concentration.

Tu étais également devenu le porte-parole des nations alliées surtout en ce qui concernait les projets en cours pour l'immédiat après guerre.

Depuis ta naissance, beaucoup d'événements graves avaient secoué notre pays, chaque fois tu t'étais trouvée au bon endroit pour alerter les lecteurs, c'était là une des raisons pour laquelle ils t'apprécaient tant.

Tu as aussi connu beaucoup de malheurs, dès 1941, l'ennemi avait fait une sinistre moisson, en 1942, ce fut pire encore, ton géniteur Camille JOSET (le Patron) ainsi que la plus grande partie de son état major étaient arrêtés par le GEHEIME FELD POLIZEI, imprimeurs, distributeur général, rédacteur en chef, tes parrains, Aimé DANDOY et son frère Georges, le secrétaire particulier de Patron Alfred BRIBOSIA, un nombre indéterminé de distributeurs et lecteurs; furent déportés dans des camps de concentration, les uns pire que les autres, bien peu d'entre eux échappèrent à la mort.

Ce coup dur entraînait également la perte d'un stock important de papier, une police d'imprimerie, une partie des fonds secrets; toutes choses indispensables pour pouvoir redémarrer.

Le Mouvement National Belge n'était pas en meilleure position et cependant en l'espace de 3 semaines, tous ces dégâts étaient oubliés, la Voix des Belges retrouvait une nouvelle équipe et le journal paraissait à heure et à temps car l'ennemi subissait enfin les affres de la peur et surtout ses premières défaites retentissantes.  Le moment était enfin arrivé de fustiger les traïtres et collaborateurs et ton rédacteur en chef le brave "MARIO" (Leo Lejeune) s'y connaissait fort bien dans la pratique de ce sport.  Semaines après semaines, tu soulignais les turpitudes de cet ennemi tant détesté, lequel à présent en était réduit à la défensive.

A présent le temps passait bien plus vite et les événements semblaient confirmer la justesse de nos pronostiques, au sein de la Voix des Belges tout semblait tourner en rond depuis le début 1944, hélas tout n'était pas fini, l'orage éclate les 17 et 18 février 1944, tout l'état major National du MOUVEMENT NATIONAL BELGE a 3 exceptions près est arrêté, il en est de même avec toute l'équipe de la VOIX DES BELGES.

Cette fois l'ennemi a porté un coup qui semble fatal.  Et bien non, un parent éloigné essaie de te remettre en selle, il fait paraître le numéro suivant en mai 1944, tu portes le n°38, tout serait parfait si sa taille n'avait visiblement diminué.  A présent tu ressembles à un ticket de tramway, tu t'appelles la petite Voix des Belges mais les boches ne sont pas dupes et ils possèdent les noms de tous les responsables, autant du MOUVEMENT NATIONAL BELGE que de la VOIX DES BELGES.

La petite voix des Belges parviendra néanmoins à paraître jusqu'à la libération. Bien heureusement tu vas retrouver tous tes parents arrêtés les 17 et 18 février, un miracle a eu lieu le jour même de la libération de Bruxelles, le train qui emmenait tous les prisonniers politiques détenus à la prison de St Gilles - Bruxelles a pu être intercepté à temps et tous les occupants ont pu être libérés avant qsue les boches réagissent.

C'est ainsi chère VOIX DES BELGES que nous fêterons tous ensemble la libération de Bruxelles le 3 septembre 1944.

Ton existence dans la clandestinité a duré de juillet 1941 au 3 septembre 1944, ST Gilles reverra toute ta famille en action et cela jusqu'au moment de la fin des hostilités.

Cher clandestin, tu auras été fidèle jusqu'au bout à la devise de notre "patron" BATTU PARFOIS - ABATTU JAMAIS. Tu as rendu un fier service au MOUVEMENT NATIONAL BELGE, sans toi, le mouvement n'aurait jamais pu connaître un tel engouement au moment de ta première parution en fin juillet 1941.

Je viens de refaire ton histoire, nous sommes au début de l'an 2007, tu es revenue au bercail et nous souhaitons te garder encore longtemps parmi nous.

 

Un ami de la maison

GILLES

 

NDR

En évoquant succintement la période de l'existence de LA VOIX DES BELGES durant l'occupation ennemie, j'ai surtout voulu mettre l'accent sur le courage et l'abnégation de ceux et celles qui contribuèrent à la renommée du clandestin.

Rares furent ceux et celles qui en sortirent indemnes, la plupart de ceux qui furent arrêtés périrent misérablement dans les camps de concentration, la liste de ceux qui connurent ce martyre est fort longue, il convient de s'en souvenir et de se dire Qu'ils ne sont pas morts inutilement.

 

GILLES

 

21:07 Écrit par Comit dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/05/2007

1er numéro de la voix des Belges 10/8/1941

Battus parfois, abattus jamais !

Titre du premier numéro de la Voix des Belges du 10 août 1941.(journal clandestin fondé par les frères DANDOY)

"En août 1941 la Voix des Belges apparaît, le Mouvement National Belge, dont elle est l'organe, est en place.  Il y a lieu d'organiser la communication des résistants entre eux, et des résistants en direction du pays."

(Extrait "Un jésuite dans la résistance, le père Joset", coll. Grands documents Illustrés, Ed. HATIER, Paris, 1990)

12:01 Écrit par Comit dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |